En 2026, la rémunération des heures supplémentaires et complémentaires est exonérée d'impôt sur le revenu dans la limite de 7 500 € par an, montant exprimé en rémunération nette imposable (service-public.fr, fiche F2617, vérifiée le 15 avril 2026, après la loi de finances pour 2026). Sur la fiche de paie, ces mêmes heures bénéficient aussi d'une réduction des cotisations salariales d'assurance vieillesse, dans la limite de 11,31 % de leur rémunération (urssaf.fr). L'employeur, lui, peut déduire un forfait de 1,50 € ou 0,50 € par heure supplémentaire de ses cotisations patronales.
Ce qui est exonéré, ce n'est pas votre salaire de la semaine mais seulement la paie des heures au-delà de 35 heures (ou au-delà du contrat à temps partiel), majoration comprise. Ce guide montre ce que cela donne sur une semaine de 39 heures et de 43 heures, puis sur une année. Règles à jour au 12 octobre 2026.
L'exonération d'impôt : 7 500 € par an
La base légale est l'article 81 quater du Code général des impôts : il exonère ces rémunérations « dans une limite annuelle égale à 7 500 € », texte inchangé depuis le 18 août 2022. La fiche F2617 donne les règles suivantes pour les revenus 2025 et pour les revenus 2026 :
- Plafond : 7 500 € par an, en rémunération nette imposable, pas en brut. Au-delà, le surplus est imposable avec le reste du salaire.
- Heures concernées : les heures supplémentaires et, à temps partiel, les heures complémentaires faites au-delà de la durée prévue au contrat.
- Plafond commun : la rémunération des jours de RTT auxquels vous renoncez avec l'accord de l'employeur entre dans le même plafond de 7 500 €. Ce dispositif de rachat des RTT court jusqu'au 31 décembre 2026 (fiche F1225).
- Plusieurs employeurs : le plafond est annuel et par salarié. Si l'addition de vos employeurs dépasse 7 500 €, vous déclarez le surplus avec vos salaires.
Rien ne change pour 2026 à la lecture des sources officielles : la fiche F2617, vérifiée après la loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026, maintient 7 500 € pour les revenus 2026, et la fiche F1225, vérifiée le 1er juin 2026, cite cette loi parmi ses références sans autre montant.
Les exemples de la fiche F2617 montrent l'écart entre brut et net imposable :
| Heures sup. en brut | Net imposable (environ) | Part imposable |
|---|---|---|
| 1 500 € | 1 215 € | 0 € |
| 1 000 € (temps partiel, heures complémentaires) | 810 € | 0 € |
| 10 000 € | 8 100 € | 600 € (8 100 € moins 7 500 €) |
Dans ces trois exemples officiels, le net imposable vaut environ 81 % du brut. C'est un ordre de grandeur, pas une règle : votre net imposable réel figure sur la fiche de paie. À ce ratio, le plafond de 7 500 € net correspond à environ 9 260 € brut d'heures supplémentaires dans l'année.
La réduction de cotisations salariales : jusqu'à 11,31 %
La deuxième exonération joue sur la fiche de paie, chaque mois. Selon l'Urssaf (page mise à jour le 13 mars 2026, articles L241-17 et D241-21 du Code de la sécurité sociale, ce dernier fixant la limite de 11,31 %), elle s'applique à :
- la rémunération des heures supplémentaires ou complémentaires ;
- et à leur majoration.
Le montant de la réduction est la rémunération de ces heures multipliée par le taux des cotisations salariales d'assurance vieillesse effectivement dues, dans la limite de 11,31 %. Ce taux additionne trois cotisations : 7,30 % de vieillesse de base, 3,15 % de retraite complémentaire et 0,86 % de contribution d'équilibre général. La réduction ne porte que sur ces cotisations d'assurance vieillesse ; les autres lignes de la fiche de paie ne sont pas concernées par elle.
La majoration retenue est celle de votre convention ou accord collectif. À défaut, ce sont les taux légaux : 25 % pour les 8 premières heures supplémentaires et 50 % pour les suivantes ; 10 % pour les heures complémentaires jusqu'au dixième du contrat et 25 % au-delà. Ces taux sont détaillés dans le guide majoration des heures supplémentaires et le guide heures complémentaires à temps partiel.
L'Urssaf donne son propre exemple de janvier 2026 : 10 heures supplémentaires à 12,50 € majorées de 25 % font 156,25 € ; la réduction vaut 156,25 € × 11,31 % = 17,67 €. Vous n'avez rien à demander : l'employeur la calcule et l'applique directement sur la fiche de paie (fiche F2391).
Quand la réduction ne s'applique pas
L'Urssaf pose trois conditions :
- Les règles légales et conventionnelles de durée du travail sont respectées.
- Les heures supplémentaires ne remplacent pas un élément de salaire supprimé. La condition est remplie si 12 mois se sont écoulés entre le dernier versement de cet élément et le premier paiement d'heures supplémentaires.
- La rémunération de l'heure supplémentaire n'est pas remplacée en totalité par un repos compensateur. Si vos heures sont entièrement récupérées en repos, il n'y a pas de paie à réduire. Le repos compensateur de remplacement est expliqué dans le guide majoration des heures supplémentaires.
Côté employeur : la déduction forfaitaire
L'employeur peut déduire de ses cotisations patronales un montant fixe par heure supplémentaire (page Urssaf mise à jour le 9 janvier 2026, articles L241-18, L241-18-1 et D241-24 du Code de la sécurité sociale) :
| Effectif de l'entreprise | Déduction par heure supplémentaire |
|---|---|
| Moins de 20 salariés | 1,50 € |
| 20 salariés et plus | 0,50 € |
Points à retenir :
- Ce qui a changé en 2026 : depuis le 1er janvier 2026, le seuil de 250 salariés est supprimé. Tout employeur éligible à la réduction générale dégressive unique peut appliquer la déduction, quel que soit son effectif (article 21 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 ; l'article L241-18-1 vise depuis les entreprises « dont l'effectif comprend au moins vingt salariés », sans plafond).
- Heures complémentaires exclues : les heures complémentaires des salariés à temps partiel n'y ouvrent pas droit. Elles gardent la réduction salariale.
- Passage à 20 salariés : une entreprise qui atteint ou dépasse 20 salariés garde la déduction de 1,50 € pendant les 5 années qui suivent.
- Plafond d'aides : la déduction entre dans la limite européenne de 200 000 € d'aides sur trois exercices fiscaux (100 000 € dans le transport routier).
Pour une semaine de 43 heures, soit 8 heures supplémentaires, la déduction vaut 8 × 1,50 € = 12 € dans une entreprise de moins de 20 salariés et 8 × 0,50 € = 4 € à partir de 20.
Exemple : semaines de 39 heures et de 43 heures
Un salarié payé, pour l'exemple, 15 € brut de l'heure, sans accord sur les taux. Du lundi 5 au vendredi 9 octobre 2026, il travaille de 8 h à 16 h 48 avec une heure de pause, soit 39 heures. Une autre semaine, de 8 h à 17 h 36, soit 43 heures. Le calculateur, avec le préréglage « France (Code du travail) : au-delà de 35 heures par semaine », donne :
| Ligne du calculateur | Semaine de 39 h | Semaine de 43 h |
|---|---|---|
| Salaire des heures normales (35 h × 15 €) | 525,00 € | 525,00 € |
| 36e à 43e heure | 4 h | 8 h |
| Paiement, 36e à 43e heure (× 18,75 €) | 75,00 € | 150,00 € |
| Salaire brut | 600,00 € | 675,00 € |
Le calcul à la main de ce qui est exonéré, sur ces chiffres :
| Ce qui est exonéré | Semaine de 39 h | Semaine de 43 h |
|---|---|---|
| Rémunération des heures sup., majoration comprise | 75,00 € | 150,00 € |
| Réduction de cotisations, au plus 11,31 % | 8,48 € | 16,97 € |
| Les 525,00 € des 35 premières heures | non exonérés | non exonérés |
La réduction de cotisations est un maximum : le montant réel dépend des taux de vieillesse effectivement dus sur votre salaire et de l'arrondi de la paie.
Sur une année, face au plafond
Avec un horaire fixe, le salaire est souvent mensualisé sur 52 semaines divisées par 12 mois (le guide heures de travail par mois détaille ce calcul) :
| Horaire fixe à 15 € | Heures sup. par mois | Brut par mois | Brut par an | Net imposable à 81 % (ordre de grandeur) |
|---|---|---|---|---|
| 39 h | 17,33 h | 325,00 € | 3 900 € | environ 3 160 € |
| 43 h | 34,67 h | 650,00 € | 7 800 € | environ 6 320 € |
Dans les deux cas, toute la rémunération des heures supplémentaires reste sous le plafond de 7 500 € net : elle n'est pas imposable. Le plafond se fait sentir pour des salaires horaires plus élevés. À 20 € de l'heure et 43 heures par semaine, les heures supplémentaires rapportent 8 × 25 € = 200 € par semaine, soit 10 400 € brut sur 52 semaines, environ 8 420 € net imposable : environ 920 € deviennent imposables.
Un horaire de 43 heures toute l'année dépasse aussi le contingent annuel de 220 heures sans accord, avec une contrepartie obligatoire en repos. Ces règles sont dans la section « Le contingent annuel : 220 heures sans accord » du guide majoration des heures supplémentaires. Elles ne changent rien au plafond fiscal.
Calculer la part exonérée avec le calculateur
Le calcul des heures supplémentaires compte vos heures semaine par semaine et donne leur paiement en brut. Il ne calcule ni l'impôt, ni les cotisations, ni le net imposable. Pour l'exonération, il vous donne la donnée de départ :
- Choisissez le préréglage « France (Code du travail) : au-delà de 35 heures par semaine ».
- Saisissez votre semaine (début, fin, pause) et votre « Taux horaire brut ».
- Additionnez les lignes « Paiement, 36e à 43e heure » et « Paiement à partir de la 44e heure » : c'est la rémunération brute des heures supplémentaires, majoration comprise, celle sur laquelle portent les deux exonérations.
- Multipliez par 0,1131 pour le maximum de la réduction de cotisations. Pour l'impôt, comparez le cumul annuel en net imposable de vos fiches de paie à 7 500 €.
Si un accord fixe d'autres taux, saisissez-les dans « Coefficient, 36e à 43e heure » et « Coefficient à partir de la 44e heure » (1,1 pour +10 %). Pour un temps partiel, la méthode est la même avec la règle personnalisée décrite dans le guide heures complémentaires à temps partiel. Si vous notez vos heures en centièmes, le convertisseur heures en centièmes fait la conversion.
Comptez vos semaines ici :
Déclaration de revenus et revenu fiscal de référence
- Pré-remplissage : les heures supplémentaires exonérées sont pré-remplies dans la déclaration de revenus. Si elles ne le sont pas, indiquez-les à la ligne « Heures supplémentaires exonérées » (fiche F2617). Les revenus 2026 seront déclarés au printemps 2027.
- Cases : le simulateur officiel d'impots.gouv.fr place ces montants en cases 1GH à 1JH.
- Revenu fiscal de référence : ces montants exonérés sont retenus pour le calcul du revenu fiscal de référence (simulateur impots.gouv.fr, aide 2026). Ils ne sont pas imposés, mais ils comptent pour les droits et aides qui dépendent de ce revenu.
C'est un calcul, pas un conseil juridique, ni un conseil fiscal. Les montants de ce guide sont ceux des pages officielles lues le 12 octobre 2026 ; pour votre situation, votre fiche de paie et votre déclaration pré-remplie font foi, et le service des impôts répond aux questions personnelles.
Ce que ce guide ne couvre pas
- Fonction publique : la fiche F2617 vise aussi les agents publics, mais leurs heures supplémentaires relèvent d'autres textes que le Code du travail ; ce guide ne les détaille pas.
- Forfait jours : les jours de repos rachetés au-delà de 218 jours suivent un régime voisin (déduction de 10,50 € ou 3,50 € par jour côté employeur selon l'Urssaf), non traité ici.
- CSG et CRDS : elles ne font pas partie de la réduction de 11,31 % ; leur traitement n'est pas chiffré dans ce guide.
Questions fréquentes
Quel est le plafond des heures supplémentaires exonérées en 2026 ?
7 500 € par an, en rémunération nette imposable, pour les revenus 2026 comme pour les revenus 2025 (fiche F2617 de service-public.fr). Ce plafond inclut les jours de RTT rachetés.
Le plafond de 7 500 € est-il en brut ou en net ?
En net imposable. Dans les exemples officiels, le net imposable vaut environ 81 % du brut : 7 500 € net correspondent à environ 9 260 € brut d'heures supplémentaires.
Les heures complémentaires à temps partiel sont-elles exonérées ?
Oui, de l'impôt dans le même plafond de 7 500 €, et de cotisations salariales d'assurance vieillesse dans la limite de 11,31 %. En revanche, l'employeur n'a pas droit à la déduction forfaitaire pour ces heures.
Quelle partie du salaire est exonérée ?
Seulement la rémunération des heures supplémentaires, majoration comprise. Pour une semaine de 39 heures à 15 €, ce sont les 75 € des 4 heures au-delà de 35 heures, pas les 525 € des 35 premières.
À combien s'élève la réduction de cotisations ?
Au plus 11,31 % de la rémunération des heures supplémentaires ou complémentaires : 8,48 € pour 75 € d'heures sup., 16,97 € pour 150 €. L'employeur l'applique sur la fiche de paie.
Les heures supplémentaires exonérées comptent-elles dans le revenu fiscal de référence ?
Oui. Elles sont déclarées en cases 1GH à 1JH et retenues pour le calcul du revenu fiscal de référence, même si elles ne sont pas imposées.
Qu'est-ce qui a changé en 2026 ?
Pour le salarié, rien selon les pages officielles : plafond de 7 500 € et réduction jusqu'à 11,31 %. Pour l'employeur, la déduction forfaitaire n'est plus limitée aux entreprises de moins de 250 salariés depuis le 1er janvier 2026.
Des heures récupérées en repos sont-elles exonérées ?
Si toute la rémunération de l'heure est remplacée par un repos compensateur, il n'y a pas de paie, donc rien à exonérer, et la réduction de cotisations ne s'applique pas. Seules les heures effectivement payées comptent.